01/12/2009

La légèreté d'un livre, le poids des plumes!

Donnons la parole à ceux qui l'ont prise pour nous...

"Mais la pesanteur est-elle vraiment atroce et belle la légèreté?
Le plus lourd fardeau nous écrase, nous fait ployer sous lui, nous presse contre le sol. Mais dans la poésie amoureuse de tous les siècles, la femme désire recevoir le fardeau du corps mâle. Le plus lourd fardeau est donc en même temps l'image du plus intense accomplissement vital. Plus lourd est le fardeau, plus notre vie est proche de la terre, et plus elle est réelle et vraie.
En revanche, l'absence totale de fardeau fait que l'être humain devient plus léger que l'air, qu'il s'envole, qu'il s'éloigne de la terre, de l'être terrestre, qu'il n'est plus qu'à demi réel et que ses mouvements sont aussi libres qu'insignifiants.
Alors, que choisir? La pesanteur ou la légèreté?"


" Mais était-ce l'amour? Il s'était persuadé qu'il voulait mourir à côté d'elle, et ce sentiment était manifestement excessif: il la voyait alors pour la deuxième fois de sa vie! N'était-ce pas plutôt la réaction hystérique d'un homme qui, comprenant en son for intérieur son inaptitude à l'amour, commençait à se jouer à lui-même la comédie de l'amour? En même temps, son subconscient était si lâche qu'il choisissait pour sa comédie cette pauvre serveuse de province qui n'avait pratiquement aucune chance d'entrer dans sa vie! [...]
Il s'accablait de reproches, mais il finit par se dire que c'était bien normal qu'il ne sût pas ce qu'il voulait:
L'homme ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir car il n'a qu'une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures."


Milan Kundera, "l'insoutenable légèreté de l'être".

Lug