10/04/2009

Les gens casqués

"Ce qui importe, dit Nietzsche, ce n'est pas la vie éternelle, c'est l'éternelle vivacité."
Camus citant Nietzsche dans Le mythe de Sisyphe.

Les gens casqués sont une espèce d'humains en voie constante d'augmentation dans notre société développée et florissante (malgré la criiise!). Ils sévissent dans les lieux publics, dans les transports en commun, dans la rue, dans le monde, et ont la particularité d'être pourvus d'une sorte de casque soigneusement disposée sur leur crâne. Curieux, me dites vous? Que nenni je réponds, permettez-moi du peu, ils écoutent de la musique... Leurs gros casques sont en fait une arme de destruction massive permettant de signaler implicitement à la populace hasardant dans leur périmètre de sécurité: "Il y a ma musique et moi, le reste du monde n'existe pas, ou si peu, et surtout, toi là, oui toi, l'inconnu, l'étranger, surtout, ne m'adresse pas la parole."
Ça fait vieille conne de dire ça, ça fait old school? J'assume.
Cette machine, et tant d'autres, est une perversion qui pousse à la séparation d'avec le monde...
Comment peut-on trouver ça normal?

Je refuse, je lance le collectif des gens-qui-font-rien-dans-le-train-et-qui-sont-contents!
Plus de casque, plus de Gavalda, plus de 20min, plus de téléphone, on sourit, on se parle.
T'as pas envie de parler, t'es fatigué? Je sais, moi aussi. Ce que je demande, non, ce que j'ordonne ( ce blog est mon espace égoïste et égocentrique), c'est juste que t'es l'air en vie, que tu sois réceptif à ce qui se passe autour de toi.

Le moyen de transport en commun, qui permet en commun d'aller d'un point à un autre point, ne serait plus ce mauvais moment à passer, ce moyen "faute de mieux", parce que, bah oui, c'est bête, on peut pas toujours utiliser la voiture (individuelle, elle). Il deviendrait Le moment, celui de l'ouverture au monde. Je ne te demande pas de parler avec ton voisin.
La parole n'est pas le seul moyen de communiquer...

Alf