
Je me souviens vaguement du fait divers survenu en juillet 2004, où une jeune femme porte plainte pour agression antisémite sur la ligne du RER D. On l'a retrouve avec des coupures sur le visage et des croix gammées sur le ventre, soi-disant exécutés par six jeunes, dont certains d'origine maghrébine. L'affaire, immédiatement accaparée par les politiques et les médias, sans preuves, était en fait un gros craque inventé par une jeune femme en mal d'attention et d'amour... Du bidon. Du vent. Lourd de conséquences.
Le film d'André Téchiné part de cet épisode et brode l'histoire de cette jeune femme, qu'il imagine solaire et lumineuse; qualités qu'on peut aussi attribuer au film entier, qui dégage une atmosphère légère,aérienne, comme pour montrer à quel point certains actes, certains événements, peuvent se fonder sur de l'air...
Jeanne vit avec sa mère dans un pavillon de banlieue, d'où l'on entend le tumulte du RER. Elle fait souvent du roller dans les rues de Paris, en écoutant Bob Dylan. Elle a un petit copain, avec qui elle vit depuis peu.
Le film, découpé en deux parties, choisit de raconter les circonstances qui font arriver Jeanne à mentir puis les conséquences de ce mensonge, sans juger, sans chercher à faire comprendre, juste en racontant les faits dans leur chronologie.
Comment ce mensonge va se transformer en l'une des affaires les plus médiatisées de ces dernières années? Pourquoi les politiques et les médias se sont précipités sur cette histoire de discrimination sans preuves? Comment ne pas penser, ne pas voir, le véritable malaise de la société qui pèse autour de l'antisémitisme?
Tout cela, cependant, ne parle finalement que d'amour; de l'amour d'une mère pour sa fille, de l'amour d'un homme pour une femme, d'une femme qui ne demande qu'à s'aimer.
Du beau cinéma.
Alf
(photo allociné)
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