24/02/2009

Le grand méchant fou

Nous sommes plutôt accoutumés aux histoires de psychopathes, de schizophrènes, à croire que nos contes pour enfants modernes ne prennent même plus la peine de symboliser «le méchant», le mal (tremblez oui), par un grand méchant loup (WWF a fait son job), mais qu'entre autre on retrouve des histoires de grands méchants fous.
Eh bien oui, il faut continuer à faire peur aux enfants, alors on a inventer le JT, et pas mal d'émissions-enquêtes, pour permettre à tous de frêmir en croyant s'informer, et donnant l'occasion à quelques Mickey de se déguiser en Zorro, et que l'on portera au pouvoir pour qu’ils nous débarrassent des Rap.é.tou et du Dingo.

Actuellement j’ai l’impression qu’il y a comme une dispersion du grand méchant loup; un jour délinquant, le lendemain grand méchant fou, le jour d‘après il est cheminot et fait la grève jusqu‘à la semaine d‘après, là il revêt un Dior de Dati et enferme les grands méchants louveteaux.
Notre pensée morcelée, du grand méchant loup à tendance schizophrénique, est entretenue souvent dans l’odieux-visuel (ai-je a justifier, illustrer mon propos?!)

Seulement ce dimanche, tard dans la nuit l’envie me pris d’allumer la télé, pour voir plus loin, parait-il. Je tombe sur une voix, un type, il disait: « vous voulez savoir c’ke c’est que la crise?!
- Regardez cet homme…. » et là il nous présente un violoniste très connu des violonistes, qui avait eut l’idée de jouer dans le métro sa musique, à 100 euros la place en concert. Vidéo de surveillance en accéléré, personne ne s’arrête avant trois heures, mais des milliers de personnes passent insensibles à la musique de notre très cher virtuose.


Le type conclut: « la crise c’est un état de surdité, ou non! »
Ravie de ce joli mot bobo, mes écoutilles étaient ouvertes, prête à saisir la première occasion de montrer à s’monsieur que j’étais pas sourde au monde, et que j’éteindrais bientôt rageusement ma télé pour un peu de silence.

Un présentateur apparaît et lance le sujet: Psychiatrie!
Habituée par ma relation télévisée à ce genre de sujets, toujours conjugués avec des verbes tels que enfermer, être en danger (oui oui, soi, derrière son écran) et ponctués d'adjectifs comme dangereux, inhumains, monstrueux. C'était l'occasion!
Puis évidemment, on parle des « gens à psyché alternative » (hyper correct, non?!) quand l’un d’entre eux, à la demande d’un grand manitou intracrânien, fait du sauciflard avec le compagnon canin de sa voisine, ou encore quand certains essayent de prendre la pilule d’escampette. Et si on ne veut rien cacher certains optent pour la voisine plutôt que pour l'animal. Mais c'est pas courant!

C’est alors qu’en écoutant s’monsieur, je fus surprise et presque paniquée, car pour la première fois on n’essayait pas de me faire peur.

Un quartier de Marseille, celui de la belle de mai. On me dis que le sujet fera état de la psychiatrie ordinaire, dans un hôpital public.

Premier plan, un immeuble, enfin possible, il tremble et ressemble assez a un flamby filmé au ralenti juste après avoir tiré sur la languette et enlevé sa coque, ahh mais ouai c'est bien du caramel, les taches là. Bref, que me dit on?
« si la réalité se mettait brusquement à vous fuir, à vous échapper » Face à mon flambymmeuble, je me disais que peut être pour une fois un regard bienveillant se posait sur nos malades du ciboulot. « si l’ordre d’hier laissait la place à des visions (…) ou même à une angoisse sans limite »


Et c'était parti!
on parle des gens "chassés d'eux-même"
" ya pas des gens d'un coté de la barrière et les autres de l'autre"
"etc"
Je voudrais vous dire que ceci est véridique! Si Si!

Le premier reportage ni trop larmoyant, ni effrayant - dans la mesure où il est difficile de parler de ces maladies encore mystérieuses, il est vrai parfois dangereuses, mais surtout pour le malade - sur un de ces sujets si chers aux joueurs de corde sensible, et si propice à l'entretien des mystères et des peurs "collectives", consciemment ou non.
Des témoignages de soignant et de soignés. Parce que dans ces établissements psychiatriques, parfois ouvert, c'est étrangement ce type de personne que l'on trouve, des soignants et des soignés.

Regrettant que ce reportage soit passé à une heure tardive, et grondant, j'allais voir de quoi il s'agissait:
http://13h15-le-samedi.france2.fr/index-fr.php?page=accueil&id_article=289

Au sujet de la crise et du violoniste, il s'agissait de la fin de la chronique Mon Oeil de Michel Monponet.

Premier et seul reportage que j'ai vu dans cette émission,
Celui-ci est humainement mené, une fois n'est pas coutume.

Je me dis tout de même vive le service publique! Tentez le même sujet sur TF1 ou M6, deux mondes coexistent! Le monde, L'imMonde...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire