17/02/2009

Le bal des actrices





Point de vue:

Le bal des égos?

"Le monde entier est un théâtre, et tous les hommes et femmes n'en sont que des acteurs; ils ont leurs sorties comme leurs entrées, et chacun dans sa vie joue bien des rôles."
Shakespeare, As you like it.

Pardonnez-moi, le premier film de Maïwenn, était culotté, hors du commun, très juste. Le genre de film qui provoque, remue, perturbe aussi, parce que les histoires personnelles sont celles de tout le monde. L' histoire, c'est celle de Violette, une réalisatrice qui veut faire un film sur les actrices, sur les femmes. On pense à Ozon et ses 8 femmes, joliment ponctué de séquences musicales. Ici, l'idée est comme pour Pardonnez-moi de faire un film dans le film.

Bon ok, il faut d'abord savoir outrepasser le perso assez agaçant de Maiwenn/Violette. La Lug qui l'a vu aussi a légitimement eu du mal à supporter l'omniprésence de la réalisatrice/actrice qui a écrit, mis en scène, joué. Oui, oui, et alors? Pour ma part, cela ne m'a pas dérangé outre mesure, peut-être que j'ai plus facilement intériorisé la culture du "montre-toi", engendrée par les ravages provoqués sur mon cerveau par le trop-plein de visionnage de real-tv. Il est possible aussi que j'ai un ego plus développé qui fait que l'étalement d'égocentrisme d'une tierce personne ne me frappe pas plus que ça. Soit.
Le fait est que nous évoluons dans une société de spectacle et la réalisatrice l'a bien intégré. Elle est actrice dans et de son film. Le film joue donc sur le flou du métier d'acteur, sur l'ambiguïté entre la personnalité du rôle et celle de son interprète. Et provoque des questionnements plus universels, à nous, acteurs de ce monde rempli d'apparences: quand est-on dans la vérité? quand jouons-nous un rôle? Tout ce bordel n'est-il pas finalement qu'illusion?
Et puis Maïwenn a conscience de son ego surdimensionné, et fait preuve de beaucoup de recul sur son travail, sur elle-même, ce qui est plutôt appréciable tant c'est rare de voir ça chez les gens...

Toutes ces actrices m'ont quand même gravement donné envie de me remettre au théâtre, de sortir un peu de moi, moi, tout ça.

Et m'en fous, Joey Starr est so cool.

Alf


Autre point de vue:

Le branle des nombrils?

Les femmes, les actrices elle les aime.
Et vraiment!! La jeune réalisatrice du film le bal des nombrils témoigne d’une véritable passion [Moïwenn démarche] pour l’actrice et plus généralement la femme, rien de moins attendu puisque Moïwenn est à la fois actrice [Moïwenn filme] et plus généralement femme. On a l’impression d’aller voir un film qu’aurait imaginé une gamine pourrie gâtée, [Moïwenn mange en filmant] du genre Jackie du 70’s show, ne résistant pas à ponctuer [Moïwenn de profil] toutes les séquences par des apparitions plus inutiles ou moins utiles…d’elle-même. Moïwenn se fait presque bousculer par un animal (on a eu peur pour ses chaussures…) Moïwenn ris, Moïwenn pleure, Moïwenn nous gratifie de ses sourires, Moïwenn est la donz’ d’un mec trop subversif, Moïwenn n‘est pas une nana qui se laisse faire,
Moïwenn a du caractère, Moïwenn le dis, Moïwenn le crie,
Moïwenn est névrosée, Moïwenn le dis, Moïwenn le crie,
Moïwenn nous casse les tympans!
Et pire, Moïwenn gagne puisque nous en parlons.
Ce nombril à la chevelure fauve et aux yeux en-miroiré transpire sur tout le film, et l’affiche est à l’image de l’état d’esprit apparent de Moïwenn, et de son film, un agrégat d’elle mêmes, quelque peu limacieux où les corps sont le prétexte d’une orgie d’ego exclusivement féminine. Oui, car les hommes n’intéressent pas Moïwenn (chic!), pas la peine de chercher très loin, Moïwenn croit ne pas être un homme.
"Une actrice, c'est une femme à son extrême, un peu plus folle et avec un peu plus besoin d'amour que les autres", estime Maïwenn. Voilà ce que Moïwenn pense des femmes et des actrices; je trouve révoltant qu’une femme puisse dire une chose pareille, cela reviens à dire, déjà, que les femmes sont plus folles et ont plus besoin d’amour que les hommes, je ne sais trop si à cette occasion elle exprime son féminisme, son machisme ou sa bêtise…Et ajouté à cela qu’une femme est plus une « femme » quand elle est actrice car ces « caractéristiques » sont exacerbées.
Je reste sans voix. Ce film est anti-militant du point de vue féministe, que je ne suis déjà pas, et à la sortie j’ai pris ma carte du parti!
Pour un monde d’hommes et de machos!!

Lug

(photo allociné)



1 commentaire:

  1. Moi, perso, j'aime pas les actrices, surtout les françaises, dont certaines sont particulièrement insupportables. Pour rien au monde je ne serais allée m'aventurer devant cet étalage d'égocentrisme et de piaillement...

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