Lui à coté de moi, elle en face, eux tout autour?
Silence. On n’entends qu’un murmure régulier,
Pa-dam pa-dam pa-dam, pas d’âmes.
Même pas un autre en réalité, silence.
Une voix résonne, une présence humaine?
Illusion, il ne semble pas y avoir de vie.
Un accent électronique se joint aux battements mécaniques.
En nous pourtant l’accent est vivant, le battement vital.
On s’arrête. Sur le quai, des automates attendaient,
Dans leur programme il était temps de monter,
Les déjà là sommes rejoint par eux, et dans un cri
Électrique les portes se referment, nous partons.
Pa-dam, pa-dam, pa-dam. À nouveau l’accent électrique, il se joint cette fois, à une surprenante fibrillation mécanique.
On s’ arrête. Sur le quai, des mines déconfites, des cris.
Des femmes et des hommes, les mêmes que les morts
Maintenant dans la navette, sont ici vivant. Curieux.
Ils s’enlacent, se consolent, ils imitent la vie, certains
cachant dans leurs main crispées, leurs visages enfin animés.
Encore des cris. Et c’est la contagion,
les inanimés du dedans, eux aussi prennent vie.
On crie, on pleure, on a peur.
L’instant d’après, un frisson, et un rire.
Celui d’un homme qui dans la détresse,
peut voir l’espoir, là mais souvent dissolu.
A ce moment, il vis l’autre, et il aima,
À la fois, l’autre et la vie. La vie de l’autre.
Celle dont l’occurrence avait montré à tous son visage.
Sur le quai, les figures qui s’étaient animés d’angoisse
Se transforment. Des sourires, encore des rires,
Les bras, en tombant, découvrent de nouveaux visages,
un plaisir immodéré se dessine sur les lèvres,
et jusqu’au fond des yeux.
On se regarde, on se parle, on partage,
Avec les autres, par l’autre, le vivant.
Toutes nos âmes ont fait un pas.
Dédic’ à l’homme qui est tombé sur les rails avant l’arrivée du train d’fantômes, par sa mort d’un instant, il a ravivé les morts. Et nous a montré en l'espace de cinq minutes les deux visages de la vie, elle s'est montrée. Auber sera désormais un lieu de pèlerinage, l'apparition de la vie y sera célébrée.
Et aussi à l’imhomme, qui, en voyant notre bon samaritain sortir de son tombeau, s’est plaint du retard que le train avait pris, selon sa montre,
Lui est un homme mort.
Et petit message pour les suicidaires auxquels cet accident heureux me rapporte:
Pas dans le métro s’il vous plaît, ça vous amuse de choquer les gens? Bandes d'égoïstes! Pensez au chauffeur! Vous croyez qu’il a que ça à faire de matter des mecs passer sous son train?!
Si vous voulez emmerdez le monde, restez vivants…tant qu’à faire!
Lug
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Un très joli poème qu'il m'aurait été difficile de ne pas aimer. J'ai tout particulièrement apprécié le "pa-dam pa-dam" imitant le bruit du RER autant que le manque de civilité de ses usagers...
RépondreSupprimerAdrien O.